Maxime possède une Twingo de 12 ans d'âge. Elle dort devant chez
lui, barrière de Toulouse à Bordeaux. Sauf les rares fois où il en a
besoin. Le reste du temps ? Maxime, trentenaire et chef d'entreprise,
roule à vélo, en tram, en bus ou à pied. Comme la plupart des Bordelais
aujourd'hui. Quid de la Twingo ?

«
Je ne voulais pas m'en débarrasser, elle m'est bien utile quand j'ai
besoin d'aller au supermarché, ou de quitter Bordeaux, relate-t-il.
N'empêche, à 90 % du temps, elle me coûte cher en assurance, en
révisions, et ne me rapporte rien. Bref. Je découvre sur les réseaux
sociaux cette société implantée à Paris, CityzenCar, et je m'inscris.
Facile. Depuis, je loue ma voiture à des particuliers que je ne
connaissais pas avant. Je rends service et j'y gagne, sur tous les
plans, car cette pratique me permet de faire des rencontres. »
Donc,
Maxime avec sa Twingo, qui s'ennuie cours de la Somme, a rencontré
Alexandre, un trentenaire, sans voiture. Ce dernier avait besoin d'un
véhicule pour aller à Ikéa et ramener du matériel. « On s'est donné
rendez-vous devant chez moi, raconte Maxime. On a fait l'état des lieux
de la Twingo. Avec le téléphone, on a pris quatre photos, devant,
derrière. Puis on s'est serré la main. Depuis, j'ai loué trois fois ma
voiture. Les gens sont contents. Avec certains, j'ai noué un début de
relation. J'ai l'impression de rendre service et je gagne un peu
d'argent. »
Dans la foulée, toujours via les réseaux sociaux,
Maxime a découvert le site lamachineduvoisin.fr. Même principe. Les «
sans-machine-à-laver-fixe » en quête d'une machine peuvent venir faire
leur lessive chez leur voisin. Pour peu que celui-ci adhère sur le
site. « En contrepartie, on amortit le prix de la machine à laver et on
se fait des copains et des copines… », raconte Maxime. « C'est très
moderne comme idée, développement durable. » La Machine du voisin a vu
le jour au mois de février dernier à Lille, à l'initiative de jeunes
étudiants en panne de caleçons propres.
Ils parlent de «
consommation collaborative ». Maxime lui, écolo dans l'âme - la société
qu'il dirige, 3GE, propose de l'expertise technique permettant aux
particuliers de faire des économies en eau, électricité et épuration -
assure qu'il est prêt à tout partager, son appart, son canapé, son
frigo… Histoire de moins consommer. « Déposséder, dit-il, et créer du
lien en même temps. On ne roule pas seulement pour soi. »
Cette
semaine à Bordeaux, la petite communauté des partageux - qui compte
déjà 280 utilisateurs dans la capitale girondine - s'est retrouvée
autour d'un apéritif. Pour échanger leurs expériences.
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